Il y a 76 ans, le 19 novembre 1944, #Gérardmer est libérée. Libérée mais gravement meurtrie, la ville est détruite méthodiquement pendant plusieurs jours par l’occupant. 85 % de la ville est anéanti. L’armée française entre dans une ville tétanisée et en cendres. Récit de cette sombre page de l’histoire de la ville⏬

Arch. dep. Vosges, 1 Ph 14 8
Arch. dep. Vosges, 1 Ph 14/8.
Depuis plus d’un mois, l’armée allemande bat en retraite, poussée par l’avancée alliée. Les villes de Lorraine sont reprises les unes après les autres. Gérardmer et le massif vosgien accueillent des reliquats d’armée allemande en déroute et une stratégie de défense semble s’y organiser. À Gérardmer depuis septembre on subit les bombardements alliés et les vivres commencent à manquer. L’occupant réquisitionne travailleurs et nourriture de manière de plus en plus pressante. Au début du mois de novembre la ville n’est plus qu’à quelques kilomètres du front, totalement isolée.
Le 8 novembre tous les hommes de plus de 16 ans sont requis à Xonrupt-Longemer pour des travaux de fortification. Les récalcitrants sont raflés de force. Les hommes resteront plusieurs jours à travailler, parqués sur le chantier.
Tiré de "Gérardmer cit...
Gilbert Martin, Gérardmer cité martyre, 1940-1944, Gérardmer, Adrien Pierre imprimeur, 1946. Disponible en ligne sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3386453w

Le 9 novembre le restant de la population de Gérardmer est regroupé dans une zone au centre de la ville.

On demande des explications au capitaine en charge des opérations, voici ce qu’il déclare :
« La population de Gérardmer sera gravement mise à l’épreuve et la ville sera détruite… Oui votre beau pays, si romantique, ne sera plus que ruines, d’ici peu ; ce sera effrayant, plus terrible qu’un bombardement aérien. »
Le 12 novembre, la neige n’en finit plus de tomber. La ville, formée de nombreux écarts et hameaux assez éloignés, est toute réunie au centre ville.
Des équipes du génie font transporter au pied de chaque immeuble de la ville des bombes aériennes de toutes grosseurs.

Le 13 novembre les habitants attendent dans une atmosphère indescriptible. Le 14, les usines sont détruites les unes après les autres. Le même jour un ordre demande d’évacuer les habitants vers Corcieux, à 20 km. Le maire refuse l’ordre et rédige une lettre de protestation.

Arch. dep. Vosges, 1 Ph 14 8.
Finalement face au refus d’évacuer, l’occupant décide parquer la population ds 1 zone encore + petite. Les gérômois sont littéralement les uns sur les autres.
Le 15 novembre les fermes des coteaux s’embrasent une à une. Le spectacle est visible depuis l’îlot des réfugiés.

Le 17 novembre, les explosions et le feu ont gagné la ville. L’îlot où sont logés les réfugiés est le centre d’un brasier géant.

L’église Saint-Barthélemy détruite, Arch. dep. Vosges, 1 Ph 14/8.
Le 18 novembre au matin, un petit groupe de soldats allemands termine le travail et brûle ce qui n’avait pas pu l’être. Dans l’après-midi les gérômois ressortent de leur refuge et contemplent, à travers la fumée noire, l’indescriptible.
Arch. dep. Vosges, 1 Ph 14 8.
Le 19 novembre à 13 h 30 le bruit court que les Français sont au bout du lac. La foule vient les accueillir sur la place, au centre ville, le 2e spahis de la 3e division d’infanterie algérienne du général Guillaume vient de libérer Gérardmer.
Réalisé à partir du livre de Gilbert Martin, Gérardmer cité martyre 1940-1944 et avec les photographies conservées aux @archivesvosges.
Les photographies utilisées et d’autres sont à retrouver ici, sur le site des AD : diffusion.ad88.ligeo-archives.com/archive/result…
Image
Article réalisé initialement sur twitter : https://twitter.com/Simmmbull/status/1329542564719063040
Le procès des incendiaires de Gérardmer se déroula en janvier 1950 devant la tribunal militaire de Metz. La presse s’en fit l’écho, ici dans les colonnes de l’Aurore le 19 janvier 1950 :
Categories: Histoire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *